Hépatite C

Hépatite C : une épidémie silencieuse

Avec environ 5 000 nouveaux cas par an, le nombre de personnes infectées par l’hépatite C atteindrait près de 800 000 ! Mais un tiers à la moitié d’entre-elles ignorent être affectées par ce mal qui peut se traduire en cancer ou en cirrhose du foie. Etes-vous à risque ? Comment savoir si vous êtes contaminé ? Quels sont les traitements ? Découvrez l’essentiel sur cette épidémie silencieuse.

Découvert en 1989, l’hépatite C est un virus aux conséquences parfois dramatiques.

1 – Comment se transmet le virus de l’hépatite C ?

L'hépatite CLe virus de l’hépatite c se transmet principalement par le sang. Avant 1992, les personnes pouvaient être contaminées lors d’une transfusion, pendant une greffe, une intervention chirurgicale, un accouchement compliqué… Depuis 1992, le risque est théoriquement nul. L’usage de drogues par voie intraveineuse est aujourd’hui la principale source de contamination. Enfin, il peut y avoir contact avec le virus dans certaines circonstances plus rares. Citons notamment :

  • Les actes « invasifs » tels que l’endoscopie ;
  • L’acupuncture avec des aiguilles autres que jetables ou à usage personnel ;
  • La mésothérapie si le matériel n’est pas à usage unique ;
  • Le tatouage ;
  • Le percing ;
  • Le partage de rasoir ou d’instruments coupants.

Il existe également, dans un risque de transmission de la mère contaminée à l’enfant lors de l’accouchement. Il est d’environ 5 %.

Enfin, le risque de transmission par voie sexuelle est faible.

2 – Comment savoir si l’on est contaminé ?

Il n’y a pas de symptôme spécifique lorsque l’on est contaminé par le virus de l’hépatite C (VHC). Le principal signe est une fatigue excessive, mais ce n’est pas particulier à cette maladie. Parfois, des démangeaisons au niveau du foie peuvent apparaître.

Seul le dépistage peut détecter l’infection. La mesure des anticorps dirigés contre le virus dans le sang permet de savoir si on a été en contact avec celui-ci. La recherche du génome du VHC confirme la présence de ce dernier. Le dosage des transaminases (enzymes libérées par le foie en cas d’agression) permet également de suspecter une hépatite. Attention : on peut être positif au test des anticorps et négatif à celui du génome : cela signifie que notre corps a réussi à se débarrasser du virus.

3 – Existe-t-il un vaccin ?

Contrairement aux hépatites A et B, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C.

4 – Quelle est l’évolution de la maladie ?

Environ 80 % des gens contaminés par le virus ne parviennent pas à s’en débarrasser spontanément. Dans ce cas, l’hépatite C devient chronique. Dans 20 % des cas, elle évolue vers une cirrhose, parfois plusieurs années après la contamination. Dans 3 à 10 % des cas, cette cirrhose entraîne un cancer du foie.

5 – Quels sont les traitements ?

Le traitement repose en général sur l’association de deux médicaments (bithérapie), l’interféron alpha pégylé et la ribavirine. La durée du traitement dépend du génotype. Elle est de 24 semaines pour les génotypes 2 et 3, et de 48 semaines pour les génotypes 1 et 4. Il existe désormais la possibilité de traiter les patients infectés par le virus du génotype 1 par une trithérapie. Elle consiste à ajouter à la bithérapie, un inhibiteur de la protéase, soit le télaprévir (Incivo®), soit le bocéprévir (Victrelis®).

6 – Sont-ils efficaces ?

Actuellement, la bithérapie permet de guérir 55 % des malades. En fait, l’efficacité du traitement dépend du génotype du virus, c’est à dire de variants particuliers (il existe 6 génotypes et de nombreux sous-types). Ainsi, le taux de guérison est de 80 % en cas d’infection par le virus de génotype 2 ou 3. Il est de 50 % en cas d’infection par les génotypes 1, 4 et 5.

Avec la trithérapie, le taux de guérison de l’hépatite C de génotype 1 est nettement augmenté puisqu’elle est obtenue chez 70 % des patients. De plus, la durée du traitement peut être réduite à 24 semaines au lieu de 48 dans environ 60 % des cas.

7 – Quels sont les effets secondaires des traitements ?

Le traitement possède de nombreux effets secondaires. Au départ, l’interféron peut entraîner un état pseudo-grippal : fièvre, maux de tête, courbature, puis des douleurs, des pertes de poids des troubles du sommeil… Mais les effets les plus graves sont les troubles de l’humeur : irritabilité, dépression… Dans quelques rares cas, l’interféron peut entraîner également un dérèglement de la glande thyroïde. La ribavirine, quant à elle, entraîne une anémie responsable de fatigue et d’essoufflement. En outre, elle est contre-indiquée lors de la grossesse. Le risque d’anémie augmente d’environ 20 % avec la trithérapie.

8 – Quelles précautions prendre lorsqu’on est atteint ?

D’abord, il faut savoir qu’il n’y a aucun risque de transmission par la salive, la toux, la sueur, le contact physique, la vaisselle, les toilettes… Il faut simplement éviter de partager ses affaires de toilette (rasoir, brosse à dent, coupe-ongles…). Les objets en contact avec le sang (pansements, tampons…) doivent être placés dans des récipients protecteurs. Les plaies doivent être bien désinfectées.

Lors des rapports sexuels, le port du préservatif est conseillé pendant les règles, en cas d’infection (herpès…) ou de lésion génitale.

Enfin, chez les toxicomanes, les ustensiles ne doivent pas être partagés, notamment les seringues ou, pour les produits sniffés, les pailles.              

9 – Dois-je informer mon employeur ?

Non, vous n’êtes pas tenu d’informer votre employeur ou vos collègues de travail.

10 – La grossesse est-elle possible ?

Il est tout à fait possible de mener une grossesse en cas d’hépatite C. Seule la période du traitement est contre-indiquée. Il faut savoir qu’il y a un risque de transmission du virus à l’enfant de l’ordre de 5 % lors de l’accouchement. Ce risque est plus élevé en cas d’infection commune par le VIH. L’allaitement n’est pas contre-indiqué a priori, le risque de transmission du virus par le lait maternel n’ayant pas été démontré.

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