Le traitement comme prévention ?

On le sait aujourd’hui, quand on est séropositif, la trithérapie est un outil préventif aussi efficace que la capote. C’est le traitement comme prévention ou TASP (“treatment as prevention“) parfois communément appelé méthode par la charge virale. Quels sont les critères permettant une sécurité maximale ?

 Le préservatif (féminin et masculin) reste le moyen de prévention privilégié, en particulier quand on ne connaît pas son statut sérologique ni celui de son partenaire. Mais aujourd’hui, quand on est séropositif, il existe un autre moyen d’éviter la transmission du VIH à un(e) partenaire : le traitement antirétroviral. Cela a été popularisé en 2008 par le Pr Bernard Hirschel et la Commission fédérale suisse sur le sida, avant d’être confirmé par un important essai clinique en 2011 (HPTN 052).

Il y a trois conditions à réunir :
– le traitement est très efficace sur la durée (la charge virale – CV – doit être indétectable dans le sang depuis au moins 6 mois) ;
–  la prise est très régulière (peu d’oubli de prises), ce qui permet un contrôle optimal du VIH (pas de sursauts ou blips) ;
– on n’est atteint d’aucune autre infection sexuellement transmissible – IST – (un dépistage régulier est donc nécessaire).
Si ces trois conditions sont réunies, on peut considérer que les risques de contamination sont proches de ceux liés à l’utilisation du préservatif, c’est-à-dire quasi nuls (moins de 1/10 000 estiment les experts français dans le rapport Yeni 2010).
Sinon, le niveau de protection est un peu moins important mais ne disparaît pas pour autant. Validée chez les hétéros, cette stratégie est également utilisable chez les gays, même si le niveau de risque qui peut persister est sans doute plus élevé. Reste qu’à ce jour, on n’a toujours pas identifié dans les études de cas de transmission à partir d’une personne séropositive traitée efficacement.
En cas de couple ouvert, le dépistage des IST doit être encore plus fréquent si on choisit cette stratégie, et ce afin de réduire les risques au minimum. Cette stratégie de prévention – comme toutes les autres d’ailleurs – doit toujours d’être discutée avec le ou la partenaire.
Le traitement comme prévention est une motivation supplémentaire :
– pour commencer le traitement : un élément en plus dans mon appréciation personnelle de la balance bénéfice/risque ;
– pour l’observance : je veux écraser ma charge virale pour protéger mon partenaire ;
– pour avoir des rapports avec préservatifs si le traitement n’est pas encore initié : puisque la possibilité existe que le risque soit minime plus tard, je peux envisager pour plus tard et sans frustration des rapports sexuels sans préservatif ;
– cela peut tranquiliser un couple inquiet par un risque de rupture de préservatif ;
– c’est aussi une réduction de la peur de la transmission : un stress qui a des effets négatifs pour le corps, le cerveau et le psychisme.

 

Les informations sur le traitement comme outil de prévention évoluent au fil des connaissances acquises via les études. Suivez l’actualité sur le sujet en cliquant ici.

 

Depuis 2002, AIDES mène régulièrement une enquête auprès des personnes que nous rencontrons dans nos actions. Dans l’édition 2010 de l’enquête “VIH, Hépatites et Vous”, nous avons également ouvert l’enquête sur Internet, à un public plus large. 2 356 personnes y ont répondu. Voici les principaux résultats  à propos du traitement comme outil de prévention. Seulement 57% des personnes séropositives interrogées savaient qu’un traitement anti-VIH efficace annule quasiment les risques de transmettre le virus à son partenaire et plus de la moitié d’entre elles (58%) ont eu connaissance de cette information grâce au milieu associatif.

Sources :